La communauté universitaire sénégalaise est une nouvelle fois endeuillée. La mort tragique d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année à la Faculté de Médecine, a profondément bouleversé l’opinion publique. Une disparition de trop, qui ravive le douloureux souvenir d’autres jeunes vies fauchées sur le campus universitaire.
Très affecté par ce drame, Pape Thiam, président du parti Natangué Askan Wi et citoyen originaire de Diourbel, a exprimé sa vive indignation face à la situation qui prévaut à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Il déplore une crise persistante et appelle les autorités à prendre leurs responsabilités.
« Les autorités devraient prendre les mesures idoines pour faire cesser la grève des étudiants et répondre favorablement à leur plateforme revendicative », a-t-il martelé.
Pour le leader politique, cette tragédie aurait pu être évitée. Les marges de manœuvre existent, selon lui, pour désamorcer la crise et protéger la jeunesse estudiantine.
« Cette tragédie n’est malheureusement pas la première. Il y a eu Bala Gaye, Bassirou Faye, Fallou Sène, et aujourd’hui Abdoulaye Ba. Encore un espoir d’une famille qui s’éteint. C’est triste. Le Sénégal ne mérite pas ça, les étudiants ne méritent pas ça », regrette Pape Thiam.
Il rappelle que l’État a l’obligation de garantir le bien-être de sa population, notamment à travers le dialogue avec les étudiants et les amicales, afin de trouver des solutions durables et consensuelles.
Selon lui, les étudiants sont confrontés à de multiples difficultés : logement insuffisant, conditions d’études précaires, manque d’accompagnement social. Une situation qui, dit-il, nécessite une réponse structurelle.
« Il est impératif d’organiser de véritables assises nationales sur l’université. Toutes les forces vives de la nation doivent se réunir pour soutenir les étudiants. C’est une responsabilité collective, car toutes les autorités actuelles sont passées par là et ont connu les mêmes difficultés. Cinquante ans après, l’histoire se répète », déplore-t-il.
Visiblement très affecté par la mort d’Abdoulaye Ba, Pape Thiam appelle à une pause et à un dialogue inclusif impliquant l’ensemble des parties prenantes « Depuis le début de la crise, je continue à dialoguer avec les amicales et le CNEED pour une issue heureuse. Mais aujourd’hui, je suis profondément abattu. Cette mort doit servir de leçon à tous les leaders politiques afin que de telles situations ne se reproduisent plus », a-t-il confié.
En guise de solidarité concrète, le président de Natangué Askan Wi a annoncé son déplacement à l’université pour accompagner les étudiants originaires de Diourbel.
« Le COUD ayant décidé de fermer le campus, nous mettons des bus à la disposition des étudiants pour leur permettre de rentrer tranquillement chez eux. En tant que Diourbellois, j’accompagne mes frères et sœurs à regagner leur domicile », a-t-il expliqué.
Enfin, Pape Thiam pointe la responsabilité des forces de l’ordre, dénonçant le non-respect de la franchise universitaire depuis le début de la crise.
« La violation de la franchise universitaire a été décriée dès les premiers jours. La responsabilité incombe donc aux forces de défense et de sécurité », a-t-il conclu.
Alors que l’émotion reste vive, cette nouvelle perte remet au cœur du débat l’urgence d’une réforme profonde et humaine du système universitaire sénégalais, afin que plus jamais la quête du savoir ne se transforme en drame.
baoltimesnews : M.S