La région de Diourbel intensifie la riposte contre la diphtérie. Un comité régional de développement (CRD), consacré à la lutte contre cette maladie, s’est tenu ce mercredi à la gouvernance de Diourbel. Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la mobilisation des autorités administratives, des professionnels de santé et des partenaires autour d’un objectif commun : réduire significativement le nombre de cas et, à terme, faire disparaître la maladie dans la région.
Présidant cette rencontre, le gouverneur de Diourbel, Ibrahima Fall, a rappelé que cette initiative fait suite à une première réunion consacrée à la lutte contre les épidémies. Selon lui, le projet vient concrétiser un appel lancé précédemment à la gouvernance pour mobiliser les financements nécessaires à la mise en œuvre du plan d’action.
« Ce projet vient régler un problème évoqué ici, à la gouvernance, où un appel avait été lancé pour trouver des financements à ce plan d’action », a indiqué Ibrahima Fall, qui a saisi l’occasion pour féliciter et encourager les partenaires ayant répondu présents.
Pour le chef de l’exécutif régional, l’ambition est claire : faire reculer durablement la diphtérie et parvenir, à terme, à son élimination dans la région de Diourbel. Un objectif qui nécessite, selon les acteurs mobilisés, une coordination efficace et un engagement collectif sur le terrain.
Cinq axes stratégiques pour endiguer la maladie
Prenant la parole, le directeur régional de la santé de Diourbel, le Dr Mamadou Dieng, a présenté les cinq axes prioritaires sur lesquels repose la stratégie de riposte. Il s’agit de la communication, du renforcement de la surveillance épidémiologique, du renforcement des capacités des acteurs, de la vaccination et de la gouvernance.
« D’abord, la communication ; le renforcement de la surveillance épidémiologique ; le renforcement des capacités des acteurs ; la vaccination, qui constitue un acte majeur de cette riposte et qui devrait se faire en quatre doses ; enfin, la gouvernance, pour assurer une bonne coordination des actions menées », a expliqué le responsable régional de la santé.
À travers ces différents leviers, les autorités sanitaires entendent améliorer la détection des cas, renforcer les capacités de réponse des équipes de santé et intensifier les efforts de prévention, avec une place centrale accordée à la vaccination.
Des chiffres préoccupants dans la région
Au-delà des annonces et des orientations stratégiques, la situation épidémiologique appelle à une vigilance accrue. Revenant sur l’évolution de la maladie, Mme Konaté a rappelé qu’une présentation consacrée à la diphtérie avait déjà été faite dans cette même salle moins d’un mois auparavant.
Selon les données présentées lors de la rencontre, 277 cas suspects ont été recensés dans la région de Diourbel. Après les analyses, 55 cas se sont révélés positifs. Un décès a également été signalé dans le district sanitaire de Diourbel .
La répartition des cas rapportée au cours de la rencontre fait état de plus de 40 cas dans le district sanitaire de Touba, de sept cas dans celui de Diourbel et de deux cas à Bambey. À l’échelle nationale, le Sénégal comptabilise 368 cas et 14 décès, selon les chiffres communiqués.
Cinq régions bénéficiaires du plan de riposte
Pour sa part, Omar Sy, représentant de l’organisation « Soyons Ensemble », organisatrice de la rencontre, a rappelé que cinq régions du Sénégal bénéficient de ce plan de riposte, dont celle de Diourbel. Cette initiative vise à renforcer la mobilisation des acteurs et à soutenir les efforts déployés pour contenir la maladie.
Dans cette lutte, les professionnels de santé identifient deux défis majeurs : l’engagement de l’ensemble des acteurs et le respect du calendrier vaccinal. Deux conditions jugées essentielles pour renforcer la protection des populations et freiner la propagation de la diphtérie.
À Diourbel, le lancement de ce projet ouvre ainsi une nouvelle phase de mobilisation. Entre coordination institutionnelle, surveillance épidémiologique, sensibilisation et vaccination, la réussite de la riposte dépendra désormais de la capacité de tous les intervenants à transformer les engagements pris en actions concrètes sur le terrain. Car derrière les chiffres, c’est bien la protection des populations qui constitue l’enjeu central de cette bataille sanitaire.
baoltimesnews : M.S