À Diourbel, la consolidation de la paix et le renforcement de la démocratie passent désormais par une meilleure inclusion des couches souvent sous-représentées. C’est tout le sens de la rencontre initiée par les organisations ONG 3D, GRADEC et COSCE, dans le cadre du programme “Saxal Jamm”, soutenu par l’Union européenne.
L’objectif est clair : promouvoir une paix durable à travers une participation citoyenne élargie sur l’ensemble du territoire national. À Diourbel, femmes, jeunes et personnes en situation de handicap ont été réunis autour d’un même idéal : renforcer leur engagement dans la vie politique.
« Nous sommes ici pour échanger avec les parties prenantes et encourager leur participation aux offres politiques, afin que demain, nous ayons davantage de candidatures de jeunes, de femmes et de personnes handicapées aux élections locales, législatives, voire même présidentielles », a expliqué Ibrahima Yamal Diop, coordinateur du pôle droits humains de l’ONG 3D.
Ce plaidoyer repose sur un constat préoccupant : une sous-représentation persistante de ces catégories dans les sphères de décision. Aujourd’hui, seules 3,23 % des femmes occupent des postes de maires ou de présidentes de conseil départemental. Plus inquiétant encore, une régression a été observée à l’Assemblée nationale, où la représentation féminine est passée de 46 % à 41 % entre la 14e et la 15e législature, selon M. Diop.
Face à cette situation, les initiateurs du programme entendent anticiper et inverser la tendance. Une trentaine de participants ont ainsi bénéficié d’un renforcement de capacités, avec l’ambition qu’ils deviennent, à leur tour, des relais communautaires pour la construction de la paix et la promotion de la participation citoyenne.
Présent à la rencontre, l’adjoint au préfet de Diourbel, Ababacar Cissé, a salué l’initiative. Il s’est félicité de la tenue de cet atelier, qu’il inscrit dans la droite ligne des politiques publiques de l’État du Sénégal, tout en réaffirmant la disponibilité de l’administration à accompagner de telles actions en faveur de la démocratie et de l’inclusion sociale.
Même satisfaction du côté des acteurs communautaires. Khadim Dieng, président régional de la fédération des personnes handicapées, a magnifié l’initiative :
« C’est un atelier de haute portée. Nous avons constaté que les personnes vivant avec un handicap sont souvent reléguées au second plan dans ce genre d’activités, ce qui entraîne une stigmatisation, voire une auto-stigmatisation. Avec cette initiative, nous espérons une évolution significative et un fort taux de participation dans les instances de décision », a-t-il déclaré.
À Diourbel, le message est sans équivoque : sans une implication effective de toutes les composantes de la société, la paix durable et la démocratie inclusive resteront des objectifs inachevés. Avec “Saxal Jamm”, une nouvelle dynamique semble désormais bien enclenchée.
baoltimesnews : M.S