À propos du message du Superviseur général chargé de la massification

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À propos du message du Superviseur général chargé de la massification, Dane SARR, enseignant-chercheur en sciences politiques, spécialiste des questions de gouvernance, de démocratie et de prospective politique, apporte une précision dans le débat qui s’est installé.

Le message transmis par le Superviseur général n’est ni un message de division, ni une remise en cause de qui que ce soit. Il pose, à mon sens, une question essentielle pour l’avenir du parti KIIRAAY : comment construire une massification qui soit réelle, organisée, durable et politiquement efficace ?

Un nouveau parti ne peut pas se contenter d’additionner des noms, des déclarations d’adhésion ou des mobilisations ponctuelles. Il doit construire progressivement une force politique structurée, capable de vivre sur le terrain, dans les communes, les quartiers et les villages, même en dehors des périodes électorales.

La massification doit donc reposer sur quelques principes simples :

1. Une implantation territoriale réelle.
Chaque adhésion doit progressivement être rattachée à une réalité territoriale : commune, quartier, village ou cellule.

2. Une organisation fonctionnelle.
Il faut des responsables identifiés, des structures opérationnelles et une chaîne de coordination claire. Le nombre sans organisation produit une apparence de force ; l'organisation transforme le nombre en puissance politique.

3. Une adhésion consciente.
Nous devons construire une base militante qui connaît le projet, les valeurs et les orientations du parti. Un militant convaincu vaut davantage qu'une longue liste de noms difficilement mobilisables.

4. Une discipline collective.
La massification ne doit pas devenir une compétition entre responsables pour savoir qui aura le plus de visibilité. Elle doit être un effort collectif au service d'un même projet.

5. Une méthode nationale de massification.
Si KIIRAAY veut s'installer durablement dans le paysage politique sénégalais, il est nécessaire d'avoir des outils communs : fiches d'adhésion, bases de données, cartographie territoriale, responsables locaux, objectifs par zone, mécanismes de suivi et d'évaluation.

C'est précisément pourquoi je pense qu'il faut écouter le message du superviseur général plutôt que le combattre.

On peut naturellement discuter de la méthode, proposer des améliorations et faire remonter les réalités du terrain. C'est même nécessaire dans un parti qui veut pratiquer la consultation et la démocratie interne.

Mais transformer une réflexion sur la construction du parti en attaque personnelle contre celui qui est chargé de la massification serait une erreur.

Nous devons avoir suffisamment de hauteur pour distinguer la personne de la fonction et le débat sur la méthode du procès d'intention.

KIIRAAY est un nouveau parti. Nous avons donc une responsabilité particulière : ne pas reproduire les faiblesses organisationnelles que nous avons souvent dénoncées ailleurs.

Nous devons prendre le temps de poser des fondations solides.

Une maison politique qui veut durer ne commence pas par son toit. Elle commence par ses fondations.

Massifier, oui.
Mais massifier avec méthode.
Organiser, oui.
Mais organiser avec discipline.
Mobiliser, oui.
Mais mobiliser dans la durée.

Le message du Président doit être compris dans cet esprit : construire aujourd'hui une organisation suffisamment solide pour porter demain les ambitions nationales du parti.

Les divergences de points de vue sont normales dans une organisation politique. Ce qui ne doit jamais devenir normal, c'est que nos divergences internes nous empêchent de construire.

Le véritable enjeu n'est donc pas de savoir qui aura raison dans la polémique actuelle. Le véritable enjeu est de savoir si, dans quelques années, nous pourrons regarder derrière nous et dire : nous avons construit une organisation politique solide, implantée dans le pays et capable de mobiliser durablement les Sénégalais.

C'est à cette responsabilité collective que nous devons nous consacrer.

La massification n'est pas une course à la visibilité.
C'est la construction méthodique d'une force politique.

Et sur ce principe, le Superviseur général chargé de la massification mérite d'être soutenu dans l'exercice de sa mission.

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