Par une publication incisive sur sa page Facebook, Baye Mayoro Diop, directeur de la coopération décentralisée au ministère des Collectivités territoriales, a relancé avec force le débat sensible sur les relations entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Une analyse sans détour, à la fois lucide et dérangeante, qui ne laisse personne indifférent.
Dans un contexte marqué par des discours de rupture et des appels à une souveraineté économique renforcée, Baye Mayoro Diop pose un constat qu’il qualifie lui-même d’« implacable » :
« Certes, aucun pays ne peut se développer grâce au FMI seul, mais il faut le reconnaître, sans ce même FMI, un pays comme le Sénégal ne pourra pas émerger et se développer. »
Pour le haut responsable, cette réalité dépasse les postures idéologiques. Elle s’inscrit dans un ordre mondial structuré, contraignant, auquel les pays en développement ne peuvent échapper sans alternatives crédibles :
« C’est un déterminisme implacable, découlant d’un ordre mondial dont on ne peut se soustraire tant qu’on n’est pas en mesure d’aller habiter sur une autre planète », écrit-il avec une ironie assumée.
Baye Mayoro Diop va plus loin, en mettant en garde contre ce qu’il considère comme une stratégie dangereuse pour l’avenir du pays. Selon lui, le rejet systématique du FMI, sans plan de substitution réaliste, relève moins d’un acte de souveraineté que d’une prise de risque calculée : « Rejeter le FMI de façon systématique, c’est donc compromettre volontairement les intérêts stratégiques de notre pays », tranche-t-il.
Mais c’est dans sa conclusion que l’analyse prend une tournure ouvertement politique. L’auteur suggère que cette hostilité affichée envers les partenaires financiers internationaux pourrait cacher des motivations inavouées : « Peut-être le fait-on pour saboter le mandat du Président Diomaye. C’est ce que je pense. »
Une déclaration lourde de sens, qui alimente les interrogations sur les luttes d’influence en cours et sur les véritables enjeux derrière certains discours économiques radicaux.
En quelques paragraphes, Baye Mayoro Diop a réussi à remettre le FMI au cœur du débat national, non pas comme un totem intouchable, mais comme un acteur incontournable dans l’état actuel du monde. Une prise de position courageuse pour les uns, provocatrice pour les autres, mais qui a le mérite de poser une question centrale : le Sénégal peut-il se permettre le luxe de rompre sans filet avec l’ordre économique mondial ?
baoltimesnews : MS