Le Forum Civil s’inquiète de l’ampleur des violences numériques au Sénégal et surtout de la faible propension des victimes à dénoncer les faits. Dans un communiqué parvenu à baoltimes, l’organisation de la société civile révèle des chiffres alarmants issus d’une enquête menée auprès d’acteurs engagés dans la défense des droits humains.
Pirates informatiques, usurpations d’identité, harcèlement en ligne, vols de comptes ou encore attaques ciblées contre des militants et journalistes : les violences numériques gagnent du terrain au Sénégal, souvent dans l’ombre. C’est le principal enseignement de l’enquête réalisée par le Forum Civil auprès d’organisations de la société civile, de journalistes et de leaders communautaires.
Selon les résultats dévoilés, 40 % des personnes interrogées déclarent avoir été victimes d’au moins un incident de sécurité numérique. Plus préoccupant encore, 37 % affirment avoir été ciblées en raison de leur activité professionnelle ou de leur engagement citoyen, tandis que 13 % disent avoir subi des violences numériques liées au genre.
Mais au-delà de ces chiffres, c’est le silence des victimes qui inquiète le plus. L’étude révèle que 68 % des victimes n’ont jamais signalé les faits aux autorités compétentes, alors que 84 % n’ont sollicité aucun accompagnement auprès des organisations de la société civile.
Pour le Forum Civil, cette sous-déclaration massive contribue à renforcer l’impunité des auteurs et empêche de mesurer l’ampleur réelle du phénomène. Elle traduit également une méconnaissance des mécanismes de recours, un manque de confiance envers les dispositifs existants et une faible visibilité des structures d’accompagnement.
Face à cette situation, l’organisation appelle les pouvoirs publics à renforcer les mécanismes de prévention, de signalement et de prise en charge des victimes. Elle invite également les organisations de la société civile à développer davantage de services d’écoute, d’orientation et d’assistance de proximité.
À l’heure où le Sénégal accélère sa transformation numérique, le Forum Civil estime que la protection des citoyens dans l’espace numérique doit devenir une priorité nationale. « Le numérique doit demeurer un espace de liberté, de participation citoyenne et de respect des droits humains », souligne l’organisation.
Le Forum Civil réaffirme enfin son engagement à poursuivre ses actions de sensibilisation, de plaidoyer et de promotion d’un environnement numérique plus sûr, inclusif et respectueux des droits fondamentaux.
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baoltimesnews: MD