La Gouvernance de Diourbel a abrité, ce mardi, un Comité régional de développement (CRD) consacré au bilinguisme dans le système éducatif. La rencontre a réuni autour du gouverneur de la région les différents acteurs de l’éducation, avec un objectif affiché : redynamiser les cadres de concertation et accélérer la mise en œuvre de l’enseignement bilingue.
Pour l’Inspection d’académie de Diourbel, cette rencontre intervient dans un contexte où la région dispose déjà d’une expérience significative en matière d’enseignement bilingue.
Selon Aboubakry Sadikh Niang, inspecteur d’académie de Diourbel, la région fait partie des académies qui expérimentent et mettent en œuvre l’enseignement bilingue au Sénégal, une approche désormais stabilisée par le ministère de l’Éducation nationale à travers la Direction de l’enseignement élémentaire.
« Diourbel dispose d’une certaine culture dans l’institutionnalisation et la systématisation de cette approche », a expliqué l’inspecteur d’académie, soulignant les résultats enregistrés ces dernières années. Il cite notamment l’amélioration des performances scolaires au Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE).
Mais au-delà des acquis, des défis demeurent. C’est précisément pour répondre à ces difficultés que les autorités éducatives ont jugé nécessaire de renforcer les cadres de concertation. L’objectif est de réunir régulièrement les acteurs afin de partager les expériences, d’harmoniser les interventions et de réfléchir collectivement aux meilleures stratégies de mise en œuvre.
Dans cette dynamique, l’Inspection d’académie entend s’appuyer sur ses partenaires, notamment l’IDP, présenté comme un partenaire stratégique du ministère de l’Éducation nationale dans la mobilisation des ressources et l’accompagnement des politiques éducatives.
À l’issue des échanges, plusieurs engagements contractuels ont été pris par les différents acteurs pour rendre davantage fonctionnels ces cadres de concertation. Ceux-ci doivent constituer de véritables espaces de dialogue, d’harmonisation et de réflexion autour de la mise en œuvre de la réforme.
À Diourbel, l’enseignement bilingue repose notamment sur l’utilisation du français aux côtés des langues nationales, dont le wolof, le sérère et le pulaar, avec un choix des langues effectué en fonction de leur prédominance dans les différentes localités.
Autre enjeu soulevé lors de la rencontre : l’extension de la réforme aux écoles privées. Des initiatives sont déjà en cours pour réfléchir aux modalités d’intégration de ces établissements dans la dynamique du bilinguisme. Les cadres de concertation devraient notamment permettre d’examiner et de statuer sur ces différentes situations.
Les collectivités territoriales sont également appelées à jouer un rôle plus important dans cette réforme, notamment à travers un accompagnement adapté et un soutien aux initiatives visant à améliorer la qualité de l’enseignement.
Du côté des partenaires, l’engagement est également affiché. Bintou Diagne, chef de projet Éducation au niveau de l’OD Afrik Francophone, a réaffirmé la volonté de son organisation de contribuer aux efforts engagés par les autorités éducatives.
« Dans le cadre de notre partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, nous agissons pour le renforcement de la performance de l’enseignement élémentaire au Sénégal », a-t-elle indiqué, assurant que son organisation est prête à contribuer au fonctionnement des cadres de concertation.
Elle rappelle que le modèle harmonisé d’enseignement bilingue au Sénégal constitue une réforme structurante portée par le ministère de l’Éducation nationale et pilotée par la Direction de l’enseignement élémentaire. Cette réforme englobe plusieurs volets, notamment la formation des enseignants, la mise à disposition de matériel didactique, la communication ainsi que le suivi-évaluation.
Pour Bintou Diagne, le renforcement de la coordination et du dialogue entre les différents acteurs du système éducatif demeure essentiel pour assurer la réussite de cette réforme. Le choix de Diourbel pour cette rencontre n’est d’ailleurs pas fortuit.
Les projections et résultats disponibles montrent, selon elle, que le modèle harmonisé d’enseignement bilingue produit des résultats encourageants en matière de qualité et de performances scolaires, avec des taux qui avoisinent les 70 %.
À l’issue du CRD, une feuille de route a été dégagée afin de traduire les engagements pris en actions concrètes. L’enjeu est désormais de consolider les acquis, de relever les défis et de faire des cadres de concertation un véritable levier pour une meilleure prise en charge de l’enseignement bilingue dans la région de Diourbel.
Entre acquis, nouveaux engagements et mobilisation des partenaires, Diourbel entend ainsi franchir un nouveau cap dans la mise en œuvre du bilinguisme à l’école.
baoltimesnews : Aicha Diop