Le rôle de la presse dans la société

Le rôle de la presse dans la société

Le pouvoir de parole et de décision a toujours été l’apanage de l’état, qui avait pour vocation d’organiser, et de légiférer bref de donner un cadre à tout ce qui est, mais avec l’avènement des médias, ce monopole a été brisé.

Depuis lors la presse a pris le relais de la protestation, de la contestation, de la remise en question, bref de la liberté d’opinion. Elle se sent investie dés lors d’une mission d’éducation et de formation du citoyen afin de lui permettre de participer à la gestion de la cité. De ce rapport entre médias et pouvoir résulte souvent un conflit de nature à pousser certains penseurs à réfléchir sur la liberté de presse.

C’est dans ce cadre qu’il faut placer le point de vue de M. Jean François SEGURLIN : « La liberté de presse est la liberté de communiquer...dans une société démocratique ». La notion de liberté peut se définir comme une prise de conscience des facteurs de dépendance de l’individu et à leur élimination progressive. Elle peut se définir aussi comme le sentiment d’une absence de contrainte physique ou intellectuelle. Dans tous les cas, elle requiert la possibilité pour l’individu de choisir, de décider. Dans cette perspective, on peut définir la liberté de presse comme étant la possibilité pour le journaliste d’accéder aux sources d’information et de pouvoir les donner sans aucune contrainte. Ce faisant, il aura une information plurielle qui lui permettra d’avoir un esprit d’analyse et de discernement. Cela est d’autant plus normal que la presse a entre autres rôles l’éducation c’est-à-dire la conscientisation des citoyens.

C’est dans cette logique que Michael SCHUDSON disait : « Je suis convaincu que les médias peuvent contribuer à la démocratisation de la société et qu’ils sont investis de cette mission ». A cela s’ajoute la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui reconnaît à l’individu le droit de donner son opinion et celui d’avoir la bonne information. La liberté de presse constitue aussi un droit pour le citoyen de comprendre les enjeux politiques et économiques. Et pour ce faire, le citoyen a besoin d’être informé juste et vrai pour pouvoir se déterminer par rapport à la marche de sa société. Cette liberté de presse favorise en outre le respect des droits de l’individu sans oublier son rôle de contrôle par rapport à la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. C’est dire donc que la liberté de presse constitue un droit fondamental pour l’individu et que de ce point de vue, on peut dire que les journalistes sont les sentinelles de la démocratie. Mais une telle liberté, la presse a besoin d’un cadre légal pour son plein exercice Le citoyen a des droits parmi lesquels il y a la liberté de presse. C’est pourquoi dans l’expression de sa liberté, l’individu doit tenir compte d’un fait : la liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi, il devient nécessaire de trouver un cadre pour l’exercice de la liberté de presse.

En effet, le journaliste doit exercer son métier avec une éthique et une déontologie. Choses que notre presse partisane d’aujourd’hui ne semble pas offrir. Elle doit se lancer dans la voie de la professionnalisation. Le journaliste doit donc exercer son métier en toute objectivité et neutralité. Mais force est de constater que les médias abusent parfois de cette liberté. Et cela se traduit par une manipulation des citoyens dans un sens voulu par les élites. D’ailleurs le régime actuel s’est couvert d’une presse verte dont des journalistes de hautes factures broutent en silence. C’est pourquoi d’ailleurs Rémy RIEFFIEL dans son ouvrage Démocratie : comment les médias transforment la démocratie, parle d’une « dictature douce » Selon lui, on assiste à une nouvelle forme de débat politique provoqué et arbitré par les médias. Dans ces débats, les décisions politiques sont tributaires de la manière dont elles sont traitées. Cela est d’autant plus vrai que de nos jours la politique s’arme toujours de la presse pour faire une désinformation.

Par ailleurs, pour des raisons purement commerciales, les médias ne donnent pas toujours la vraie information. Et, dans cette perspective, Gérald MERMET écrit dans son ouvrage La sociologie des médias : «Les médias donnent rarement l’événement tel qu’il est. Il le mettent en scène afin de le rendre plus attrayant, plus spectaculaire et plus étonnant ». De ce point vue il détourne de l’essentiel On peut aussi dire que même si la liberté de presse est fondamentale, trop de liberté tue la liberté. Et c’est justement pour cette raison que Platon faisait dire à Socrate dans la République chapitre 8 « L’excès de liberté ne peut tourner qu’en excès de servitude pour un citoyen aussi bien que pour un État ».

C’est dire donc que même si la liberté de presse est un droit, il doit s’exercer dans le respect des institutions. Nous pouvons dire que la presse joue un rôle très important dans le développement d’une société démocratique. Par conséquent, la liberté de presse doit être garantie, mieux, elle doit être sauvegardée. Cette liberté doit reposer sur le respect de l’éthique et de la déontologie. La presse et le pouvoir ont des rapports interdépendants. Et cette interdépendance est profitable à la bonne marche de la démocratie. Cela pourrait alors garantir aux acteurs de l’information une meilleure prise en charge de leur revendication si légitime et permettre à la société d’avoir des sentinelles de la démocratie. Ils trouveront intérêt à suivre les règles d’éthiques et de déontologie car sans cela leurs informations manqueraient de crédibilité et mettraient à terre leur développement. Il est en fait contradictoire de détenir un quatrième pouvoir et revenir réclamer des meilleures prises en charges sinon c’est que le peuple n’a plus foi en vous, en votre entreprise. Vous avez-vous même scellé les bases de votre échec en se ralliant avec un pouvoir jusqu'à oublier votre pouvoir.
samattitude