Des mots, des maux encore des mots

Des mots, des maux encore des mots

Après 57 ans d'existence notre nation vient de célébrer la fête nationale de notre indépendance. Et comme à l'accoutumée le président, son excellence n’a pas manqué à la traditionnelle cérémonie de discours du 03 AVRIL, nommé discours à la nation. Dans le discours Monsieur, il y’a rien de nouveau alors il n’a suscité aucun espoir. Nous vous avons compris très cher dans un contexte défavorable il est préférable d'être bref merci de votre compréhension. Des mots juste des mots car il vous fallait des mots pour combler le vide de réalisations.

M. Vous convenez avec la grande majorité des sénégalais que sous votre gouvernance pas sobre ni vertueuse, des mots n’ont pas manqué, des maux aussi. Votre ami et allié Farba Ngom a insulté une autorité administrative sans conséquence et récemment son véhicule a renversé un policier dans l'exercice de ses fonctions sans qu’on s’en désole. Mais ce n’est pas grave nous sommes en fête. Permettez moi au moins de vous rappeler que votre mandat est à son terme et ce depuis le 03 Avril 2017 à 23H 59MN, si l’on se remet à vos mots de campagne électorale c’est à dire de réduire le mandat présidentiel de sept à cinq ans.

Après quatre ans de tergiversations, vous vous êtes renié en prétextant qu’on ne pouvait passer outre ce qui est considéré comme étant une décision du Conseil Constitutionnel. Ce faux prétexte a été magistralement balayé par le Manifeste historique de quarante cinq Professeurs de droit et de sciences politiques en ces termes, selon Mame Adama Gueye : « Pour justifier pourquoi il entend se conformer à l’avis du Conseil Constitutionnel, le Président de la République a invoqué l’article 92 de la Constitution aux termes desquels « les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d’aucune voie de recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles ». La convocation de cette disposition relève d’un subterfuge juridique utilisé pour accomplir un dessein politique personnel.»

Vous venez de vous décharger de cette promesse de réduction du mandat avec l’alibi de l’avis défavorable du Conseil constitutionnel, avis qui n’est pas une décision, donc qui ne vous lie pas. L’Histoire ne retiendra qu’une chose : vous avez renié votre promesse. Or, le pouvoir, c’est pour l’histoire. Vous avez manqué une excellente occasion de restaurer le ngor, le kolere, le jom, le fulla, le fayda, le kersa tant malmenés par nos élites. Notre jeunesse et notre classe politique en avaient tellement besoin !

Les promesses de développement tenues lors des conseils des ministres décentralisés sont restées vaines alors encore des mots. Et les populations des quatorze régions du Sénégal attendent encore les milliards impatiemment pour régler leurs maux. Par la puissance des mots on nous avait dit que la justice serait impartiale et tout prouve le contraire surtout avec les arrestations arbitraires de BAMBA FALL et KHALIFA BABACAR SALL. Pour une justice non partisane il faut que le parquet soit indépendant de la chancellerie. Une justice automatique est une justice aveugle. Et une justice aveugle conduit, inévitablement, au déni de justice. BALDE est blanchi.

Dans la foulée, le Président de la République, après avoir décidé sans aucune concertation avec l'opposition en voie d'être réduite au néant, vous avez encore décidé tout seul de fixer au 30 JUILLET la date des élections législatives. Heureux d’apprendre que dans le nouveau fichier il ya plus de cinq millions d’inscrits donc un fichier avec lequel nous irons aux élections. Dans votre message adressé à la nation il y à un élan de dialogue et de partage dans la concertation et l’union de tous les acteurs afin d’accéder a cette symbiose qui permettrez de bien dérouler les élections. Cependant dans cette république il est difficile la cohabitation entre le gouvernement, l’opposition et la société civile à cause du big sick.

En effet, cette façon qu'a le président de dresser telle catégorie sociale contre telle autre ; cette façon qu'il a de trouver très vite des boucs émissaires dès que ses idées sont contrariées ou contestées ; cette façon qu'il a de s'en prendre constamment aux opposants , allant même jusqu'à les assimiler à une opposition de circonstance, toutes ces façons-là, qui relèvent du vulgaire chef de bande et non de cette - théoriquement ! - haute et digne fonction qu'est celle de président de la République, ces façons-là seront à plus ou moins long terme sources de désordre.

Elles entretiennent, en effet, la peur des autres ; elles attisent les haines et incitent à mépriser les lois à travers celles et ceux qui les appliquent, etc. On est loin, très loin, dans cette vision de l'ordre et de l'autorité, de cette « paix dans la tranquillité » dont parlait ce grand penseur que fut Thomas d'Aquin. Aux chapitres de regrets bon nombre de sénégalais marquent déjà leur signature car de toutes les promesses électorales il n’y a pas une seule que vous avez réalisé, si oui faites le moi savoir. Veille de fête de notre souveraineté, encore de quelle souveraineté il s’agit car se serait aberrant de prétendre à une indépendance d'autant plus que le pays est administré depuis la France. Les choses vous dépassent le niveau est encore plus haut et la donne vous désavantage, il fallait caresser ton peuple et non écraser ton peuple parce qu’ils sont bouillants mais pas méchants.

SAMATITUDE

on