La Présidente du Parlement Sud-Africain démissionne face aux accusations de Corruption

Create: mer 03/04/2024 - 19:56
Author: admin
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En un tournant inattendu qui vient ébranler davantage le parti au pouvoir en Afrique du Sud, la Présidente du Parlement, Nosiviwe Mapisa-Nqakula, s'est vue contrainte de présenter sa démission mercredi. Cette décision survient dans le sillage de graves accusations de corruption qui pèsent sur elle, ajoutant un chapitre sombre à l'histoire de l'ANC à l'approche d'élections législatives critiques.

Mme Mapisa-Nqakula, qui tenait les rênes du Parlement depuis 2021 et occupait une place prépondérante au sein du Comité exécutif national (NEC) de l'ANC, est accusée d'avoir accepté d'importantes sommes d'argent d'un contractant militaire durant son mandat en tant que ministre de la Défense, entre 2014 et 2021. Les allégations, qui ont fait les gros titres des médias locaux, suggèrent qu'elle aurait demandé des pots-de-vin s'élevant à 2,3 millions de rands (environ 121.000 dollars), mettant en lumière une possible corruption profonde au sein du gouvernement.

Dans une lettre de démission rendue publique, l'ex-présidente du Parlement a affirmé que son départ visait à "préserver l'intégrité du Parlement" tout en lui permettant de se consacrer pleinement à l'enquête. Elle a cependant insisté sur le fait que sa démission ne devrait pas être interprétée comme un aveu de culpabilité, se proclamant innocente et déterminée à rétablir sa réputation.

Cette affaire survient à un moment particulièrement délicat pour l'ANC, confronté à une érosion de popularité et à un climat socio-économique difficile, alors que les Sud-Africains se préparent à voter le 29 mai pour renouveler le Parlement. Selon les sondages, l'ANC pourrait perdre sa majorité absolue pour la première fois, ce qui soulève des questions sur l'avenir politique du pays.

La justice a récemment ouvert la voie à une possible arrestation de Mme Mapisa-Nqakula en rejetant sa demande de référé visant à prévenir une arrestation qu'elle jugeait "illégale". Après une perquisition à son domicile, elle avait tenté sans succès de contester la légalité d'une arrestation potentielle, une manœuvre qui fut rapidement écartée par le tribunal.

La démission de Mme Mapisa-Nqakula a été accueillie comme une victoire par les partis d'opposition, notamment l'Alliance démocratique et les Combattants de la liberté économique (EFF), qui y voient un pas vers une plus grande responsabilité et intégrité au sein du gouvernement. Le Parlement a annoncé que l'adjointe de Mme Mapisa-Nqakula, Lechesa Tsenoli, prendrait sa succession, ouvrant un nouveau chapitre dans la tumultueuse politique sud-africaine.

baoltimesnews : Moise Fall

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