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Les Baye Fall et le ndogou : La prodigalité hissée au rang de culte

Le calme qui enveloppe l'épaisse nuit noire de ce début du carême est déchirée par les Zikr ou invocations des Baay Faal. Dans la cour, on s'affaire à dépecer une quinzaine de bœufs immolés pour la circonstance. S'il est presque acquis pour la majorité des Sénégalais que les Baay Faal n'observent pas le jeun, il demeure évident qu'ils sont inégalables dans la générosité et l'effort de rendre ce mois de pénitence supportable pour les talibés mourides.

 

C'est en 1916, à Darou Bairé (près de Thies), sur instruction de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké à son disciple Cheikh Ibrahima Fall que le ndogou fut institué, rappelle Serigne Fallou Fall, petit fils de Cheikh Ibra. A l'époque, Serigne Touba avait fait appel à Cheikh Ibra pour lui signifier qu'il allait avoir un illustre hôte. A ce propos, il lui avait demandé de lui réserver un accueil digne de son rang. Devant l'embarras du commun des talibés, qui s'interrogeaient sur l'identité de cet hôte, Cheikh Ibra avait lui compris qu'il s'agissait du mois béni de ramadan. C'est ainsi qu'est parti ce qui est devenu aujourd'hui une véritable institution dans toute la famille de Cheikh Ibra qui s'acquittait de cette mission en assurant 12 bols de victuailles par jour, à son guide.

 

La tradition a été respectée et suivie par les différents Khalifes qui se sont succédé après la disparition de Cheikh Ibra en 1930. Il en était ainsi avec Serigne Modou Moustapha Fall, Serigne Mor Talla Fall, Serigne Ablaye Fall Ndar, Serigne Assane Fall Kaossara et Serigne Abdou Sakor Fall. Aujourd'hui, avec l'arrivée des petits fils, les proportions prises par le ndogou sont d'une autre dimension. Serigne Modou Aminata Fall, Serigne Cheikh Dieum Fall et tant d'autres serviteurs de Cheikh Ibra s'activent à perpétrer cette oeuvre pleine de signification religieuse.

 

A Mérina, chez Serigne Amdy Khady Fall que Serigne Abdou Ahad Mbacké avait instruit en 1980 de préparer le ndogou tous les vendredis du mois de ramadan, on ne lésine pas sur les moyens .

 

Déja en 2006, 55 bols de victuailles préparés avec 13 bœufs, 760 poulets, 10 moutons, lors du premier vendredi du ramadan. La deuxième semaine, c'est avec 15 bœufs et 1000 poulets, soit 108 bols distribués aux dignitaires mourides. Toujours à la même époque,  la somme de 39.654.200 FCFA a été dépensée pour le Ramadan.

 

2007, c'était la somme de 45.014.700 FCFA et 33.160.000 FCFA en 2008 ont été dépensés pour honorer la tradition. Ce n'est pas avec une opération budgétisée, encore moins des liquidités sous réserve que nous fonctionnons. Nous sommes persuadés que nous allons assurer le ndogou vaille que vaille. Si certains sont prêts et engagés à jeûner tout le mois de ramadan, nous sommes déterminés à respecter l'engagement de Cheikh Ibra, souligne Serigne Fallou Fall.

Aujourd'hui il est difficile d'apprécier à juste valeur tout l'argent dépensé pour respecter le Ndiguel de Serigne Touba à Cheikh Ibra. 

baoltimesnews - source aps