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Après la Belgique, la peste porcine aux portes de la France

Deux cas de peste porcine africaine ont été confirmés sur des sangliers en Belgique, dans une zone à une dizaine de kilomètres de la frontière française. Paris a appelé à une mobilisation immédiate pour protéger les élevages porcins menacés par ce virus qui n’est pas dangereux pour l’homme.

La peste porcine africaine est un virus qui ne touche que les porcs et les sangliers. En revanche, il ne menace pas l'homme. La maladie, chez les animaux, se caractérise par une forte fièvre, une perte d'appétit et des hémorragies au niveau de la peau et des organes internes. Une fois ces symptômes réunis, la mort de l'animal survient généralement en quelques jours.

La peste porcine africaine fait partie de la liste des maladies du code sanitaire pour les animaux terrestres, une liste publiée par l'Organisation mondiale de la santé animale. Le virus est très contagieux et résistant dans les tissus animaux, d'où la difficulté de trouver un vaccin ou un traitement pour le rétablissement des porcs et des sangliers.

Un enjeu économique majeur

L'enjeu de la peste porcine africaine est vétérinaire et surtout économique.  Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture, l'a répété : la présence du virus exige une réponse à la hauteur des enjeux économiques pour les filières agro-alimentaires françaises.

Le risque est en effet considérable. En France, ce sont près de 24 millions de porcs qui sont élevés par an, autant d'animaux susceptibles de contracter la maladie. Le secteur économique porcin pourrait donc être mis à mal.

La maladie n'est pas nouvelle. La première manifestation datée de peste porcine africaine sur le continent européen a été notifiée en Géorgie en 2007. Ces dernières années, le virus s'est propagé en Europe de l'Est et de nombreuses contaminations ont été détectées chez les sangliers et les porcs de cette région du monde.

Le gène de cette maladie est présent de manière permanente dans les pays d'Afrique sub-saharienne et en Sardaigne depuis la fin des années 90, mais le virus ne sévit pas ou très peu.

Si la peste porcine africaine se propage de l'est à l'ouest de l'Europe, c'est d'abord à cause des déplacements des sangliers infectés dans des zones non concernées par la maladie.

Fin août 2018, Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, le principal syndicat agricole français, s'inquiétait de l'avancée de la peste porcine africaine dans les fermes où certaines sociétés de chasse importent des sangliers pour leurs élevages de gibier.

L’homme, facteur de propagation

L’homme constitue le principal facteur de propagation de la peste porcine africaine. Le virus est persistant et peut être présent dans certaines denrées alimentaires comme la charcuterie, le jambon ou le saucisson par exemple. Or l'homme abandonne de temps en temps ses déchets dans la nature. Ces aliments peuvent être à nouveau mangés par des sangliers et donc les contaminer.

Les dernières contaminations en Europe pourraient être la conséquence d'introduction de restes de denrées alimentaires abandonnées par des voyageurs en provenance des zones infectées.

Dans l'Union européenne, des zones de restriction sont mises en place dès la manifestation de la peste porcine africaine. Cela implique une interdiction des déplacements des porcs d'élevage et des produits qui y sont issus. Des mesures de nettoyage et de désinfection des camions sont aussi mises en place pour limiter la propagation de la maladie.

Dans les années 80, des foyers ont été détectés en Belgique et aux Pays-Bas, impliquant l'abattage de plus de 30 000 porcs.

Aujourd'hui, la situation est moins critique. La mise en place d'un plan d'action renforcé contre la peste porcine africaine a été demandée dans quatre départements français.

 

 

 

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