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« VOUS AVEZ DIT ÊTRE RESPONSABLE ET ARRÊTER LA GRÈVE DES ENSEIGNANTS AU SÉNÉGAL »?

La dignité ne se négocie pas. Il appartient au Président de la République lui-même de monter au créneau pour mettre un terme à l'arbitraire et à la spirale répressive. Wade savait le faire pour débloquer bien des situations. Il y a une léthargie de l'institution parce que la politique éducative tourne autour de la culpabilisation des enseignants, a dit M. Ibra Ndiaye.

Selon lui le programme PAQUET est un paquet de milliards qui n'a encore rien réussi. On aura beau amassé des milliards sur la scène internationale mais sans les résultats, l'apaisement de l'espace scolaire et le retour à la gestion démocratique.

«  Je ne vois pas franchement comment le président va réussir le volet éducatif de son septennat. Le statu quo et l'immobilisme vont coûter très cher aux générations à venir. L'humiliation de responsables en fin de carrière est laborieuse et parfaitement inutile. Ils ont réussi leur présence dans le métier et surtout leur vie. Ils ont donné le meilleur d'eux-mêmes au système, certains ont parmi les ministres leurs anciens élèves ou de hauts responsables dans les hautes sphères de l'Etat, les milieux financiers, la santé et même la diplomatie dont ils se consolent modestement d'avoir contribué à leur formation. Et ils ne pâtiront sûrement pas des mesures répressives au rabais pour satisfaire une clientèle politique qui ne peut ni assumer ni supporter à elle seule les enjeux de la politique éducative ».

L’i inspecteur notifie que le ministre Serigne Mbaye Thiam a déjà humilié le corps des inspecteurs lors de la grève des formateurs dans les CRFPE. Au nom de la réquisition des fonctionnaires qui est un droit de l'exécutif chaque jour la gendarmerie montait au créneau pour le pointage des grévistes dans les centres et Dieu sait qu'on pouvait trouver une solution sans en arriver là.

 "Monsieur le Président de la République est libre d'entériner cette politique du tout répressif et de la culpabilisation outrancière des enseignants que suit son ministre pour détourner l'attention de l'opinion et l'empêcher de s'interroger sur les réelles carences de la politique éducative. Je dis qu'il est libre de le faire, mais réprimer les milliers d'enseignants du pays, imposer une escalade inutile pour toujours inventer un nouveau problème qu'aucun syndicat d'enseignants n'a inscrit dans sa plate-forme revendicative, je dis bien que cette logique rendrait bientôt le pays ingouvernable" a martelé l'inspecteur de l'éducation".

Ce dernier estime les inspecteurs constituent une minorité bien fragile, la réprimer passe inaperçu, et beaucoup d'entre-eux sont en fin de carrière et ayant honoré leur devoir vis-à-vis du service public, ils s'en balancent allègrement de ces mesures individuelles vexatoires et vraiment ils n'ont rien à se reprocher en leur âme et conscience. Il en va autrement du cadre entier de toute la fonction enseignante, où la masse des agents des corps émergents est majoritaire, sait se faire entendre et ne s'en prive pas.

Elle n'est pas à sacrifier au nom de la clientèle politique. Clientèle qui peut tout juste profiter de cette politique éducative en berne et marquée par l'échec pour bien défendre ses avantages personnels fondés sur des passe-droit et elle a donc ainsi plutôt intérêt au statu quo. C'est ce qu'on voit actuellement en pleine crise.

"Le courage compte il faut avoir des idéaux, croire à des valeurs et savoir mépriser les intérêts alimentaires et les prébendes. La capacité d'initiative et de critique meurt au ministère car les responsables gèrent les avantages des postes qu'ils occupent. Tout le problème est là. Si le Président fait pourrir et laisse faire, le désastre sera un lourd passif pour les générations à venir qui devront en payer le prix des décennies après que lui Macky Sall aura quitté le pouvoir. La faune politique se pourlèche les moustaches et serait bien reconnaissante qu'on lui rende le pays ingouvernable à la veille d'une année électorale d'autant plus facilement que le bilan du gouvernement est bien en demi-teinte sinon dérisoire pour ne pas parler d'un désastre " soutient IBRA NDIAYE, Inspecteur de l'éducation.

BTnews